L'Héritage de Lou Marsh - Les meilleurs athlètes canadiens

Marilyn Bell

Natation

1954


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Vidéo de Marilyn Bell - 4:27 min







Je suis debout et je les regarde partir et tout est noir. Je ne vois pas ma lumière, je ne vois pas mon bateau.

Mais Gus m’avait dit, « Plonge et nage tout droit dans la rivière du Niagara et je te trouverai. »

Bien sûr, quand j’ai été à l’eau et que j'ai ouvert les yeux, tout ce que je pouvais voir c’était la noirceur.

Finalement, il m’a trouvé et je me rappelle avoir arrêté et dire « Gus, Gus, tu m’a trouvée! »

Et bien sûr, éclater en sanglots. J’étais pétrifiée, juste pétrifiée.



À l’aube, avec le soleil qui se levait, j’ai toujours dit que ça me rappelait le premier dimanche, il est juste apparu.

C’était tellement magnifique et ça m’a vraiment encouragé.

Mais au fur et à mesure que la matinée avançait, j’ai commencé à avoir des crampes à l’estomac, mes jambes étaient douloureuses et à un certain point j’ai arrêté et j’ai dit

« Gus, je ne peux pas continuer. Je ne veux pas abandonner, mais je ne peux pas continuer. J’ai juste trop mal aux jambes. »

Mais Gus avait une autre idée en tête, il savait que je pouvais continuer.

Alors à un certain point, j’ai dit « Je ne peux plus bouger mes jambes, elles sont paralysées, je ne sens plus mon estomac. »

Pour moi, c’était la vérité. La douleur dans mon estomac était réelle, mes jambes, vous savez étaient pratiquement gelées.

Il a dit « OK, es-tu certaine que tu en as eu assez? » Et j’ai dit, « Oui, j’en ai assez. »

Il me répond « D’accord, si tu es certaine que tu veux arrêter. » Je lui ai dit « Je suis certaine. » « OK, nage jusqu’au bateau. »

Alors, j’ai baissé la tête, commencé à nager vers le bateau et j’ai fait une erreur.

J’ai commencé à battre des jambes en sachant que j’allais sortir, je nageais pour me rendre au bateau. Il a fait accélérer le conducteur et il s’est éloigné de moi.

Et j’ai nagé pendant je ne sais combien de temps, mais tout à coup, j’ai réalisé qu’il faisait avancer le bateau.



Alors, j’ai arrêté et je lui ai crié « Qu’est-ce que tu fais? Je t’ai dit que je sortais. »

Et il a dit “Tes jambes sont pas paralysées, tu les bougeais. » Alors, j’ai remis ma tête dans l’eau,

j’étais fâchée. J’avais l’impression qu’il m’avait tendu un piège. Sur le moment, je l’ai vraiment détesté de m’avoir fait ça,



mais il connaissait sa nageuse et il savait que je surmonterais ma colère et que je ne lui pardonnerais jamais



s'il m’avait sorti alors que je pouvais continuer à nager comme ça. Il s’est tellement fait critiquer,

reçu tellement de mauvais commentaires de la presse parce que ça semblait une chose très cruelle à faire.

Mais ce n’était pas cruel. Il a fait ce qu’il avait à faire. Le marathon de natation n’est pas un sport facile.



La vie a complètement changé. Durant toute ma vie, j’ai toujours divisé les choses avant la nage et après la nage.

Et c'est la traversée du lac Ontario qui a tout changé.

Je suis passée d'une petite adolescente très gênée, tout ce que je voulais faire c’était d’aller à l’école et de nager,

puis tout à coup, j’étais cette personnalité publique. J’ai reçu des tonnes et des tonnes de lettres.



Vous savez, les parents écrivaient « J’espère que ma fille te ressemblera lorsqu’elle grandira, pas en ce qui concerne la nage, mais pour ta façon d'être.»



Je viens le coeur gros quand je pense à ça parce que c’était une très grosse charge.



Quand j'ai reçu l'appel pour m'annoncer que j'avais été choisie pour le prix Lou Marsh, je ne pouvais pas y croire.

Je l’adore parce que le trophée même est en bois sur une base en bois.

C'est vraiment naturel et sans prétention. C’est vraiment canadien… ça représente quelque chose de vraiment intégral pour moi.